Valls cherche se cherche une place lors du prochain quinquennat

L'ancien Premier ministre Manuel Valls, en rupture complète avec la candidature de Benoît Hamon, réunit à nouveau mardi ses fidèles, toujours partagés sur un soutien à Emmanuel Macron avant le premier tour.

En guerre quasi ouverte avec un candidat socialiste qui l'accuse de lui planter "des couteaux dans le dos", le finaliste défait de la primaire, redevenu député, cherche la meilleure voie pour assurer l'avenir politique de son courant au PS, ostensiblement boudé par le candidat d'En Marche!.

L'objectif apparaît clairement: constituer un pôle de députés dans la future Assemblée nationale avec le plus de poids politique possible pour jouer les "faiseurs de rois" dans la majorité de recomposition qu'ambitionne Emmanuel Macron. 

"On pense qu'il peut y avoir trois pôles: les macronistes +pur sucre+, un truc autour du MoDem de Bayrou et les sociaux-démocrates autour de Valls", résume un vallsiste du premier cercle.

Soixante à 70 parlementaires étaient espérés à la réunion, programmée à 17H00 à la questure de l'Assemblée. Mercredi matin, l'ancien Premier ministre sera l'invité de BFMTV/RMC.

Vendredi à l’Élysée, Manuel Valls a vu François Hollande pour la première fois depuis décembre, selon des sources concordantes. Mais les proches du président de la République n'ont guère envie de lui laisser reprendre un rôle de leader.

Rolland garros

- Avant ou après le 1er tour? -

"L'idée de Valls, c'est qu'il va rester une centaine de députés sociaux-démocrates, et il pense que ce sera lui le président de groupe. Moi, je pense que ça ne sera pas lui. Nous, on n'a pas trahi", cingle un ténor hollandais, qui a du mal à pardonner le "coup d'épaule" du natif de Barcelone pour dissuader François Hollande de se représenter. 

La question, qui agite Manuel Valls et ses proches depuis plusieurs semaines, est toujours la même: l'ex-Premier ministre doit-il annoncer qu'il votera Macron avant le premier tour? Et, si oui, quand?

Benoît Hamon l'a remise sur le devant de la scène, dimanche soir sur France 2, en annonçant pour cette semaine sa "mise à mort avec le ralliement de Manuel Valls à la candidature d'Emmanuel Macron". "Un outing préalable pour tuer dans l’œuf le feuilleton", selon un proche du candidat socialiste.

Certains vallsistes, comme le député Malek Boutih, le maire d’Évry Francis Chouat et le chef de file des sénateurs PS Didier Guillaume, penchent en coulisses pour un soutien avant le premier tour.

Ce soutien "vaudrait plus cher" que celui, quasi automatique, qu'il pourrait faire en cas de second tour Macron-Le Pen ou Macron-Fillon, estime un vallsiste. "Ça permettrait aussi de prendre les hollandais de vitesse", décrypte le même.

- 'Valls ne sait pas attendre' -

Mais les bras ne semblent guère ouverts du côté d'Emmanuel Macron.

Le candidat d'En Marche! avait affiché une fin de non-recevoir à un éventuel ralliement vallsiste, en disant ne pas avoir ouvert "une maison d'hôtes". L'ancien ministre de l’Économie n'a actuellement "aucun contact" avec Manuel Valls, selon son entourage.

Ressemblant à l'esquisse d'un rapprochement, Manuel Valls a toutefois déjeuné avec François Bayrou, nouvel allié de premier rang du candidat d'En Marche!, le 15 mars. Et lundi soir à Angers, il a décoré l'ancien patron PS des Pays de la Loire, Jacques Auxiette, rallié à Emmanuel Macron, en saluant un militant "libre".

Pour les législatives, le renvoi de nombreuses investitures du mouvement En Marche! à l'après-présidentielle laisse la porte ouverte à d'autres accords d'appareils, en dehors du MoDem, même si le candidat s'en défend.

L'ancien Premier ministre avait déjà clairement acté son divorce, en annonçant qu'il ne parrainait pas Benoît Hamon et en signant dans Le JDD une tribune assassine où il a éreinté le programme du candidat PS.

Le conflit, qui augure la future bataille du congrès à l'automne, laisse des traces au PS. "Il y a pas mal d'incompréhension, y compris pour des gens comme moi qui ont fait sa campagne", déplore un cadre de la rue de Solférino.

"Valls ne sait pas attendre. Valls, c'est quelqu'un qui fonce, qui a besoin d'aller vite. Il a été Premier ministre trop tôt, il a été candidat à la présidentielle trop tôt", juge un ténor socialiste.

Adrien Desport sur Google+

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